Chez Leprest

février 10, 2014 tacet.fr - Pas de commentaire

C’est un coup de chapeau magistral, chapeau de magicien d’où s’échappent des myriades de mots luminescents. Un disque en forme d’hommage, ce qui en soi n’a rien d’exceptionnel… si ce n’est que celui-ci ne ressemble guère aux sempiternels exercices de vénération dédiés à des gloires finissantes du show-biz ! Non, cet album-là est un salut, aussi simple que fervent, de chanteurs à l’un des leurs : Allain Leprest. Monstre de talent et d’excès en tout genre ; le plus discret et le plus sauvage des auteurs d’aujourd’hui, qui ne cesse de brûler sa vie sans se soucier des lendemains de cendre.

Pour qui s’intéresse un peu à la chanson, Leprest est depuis près de quinze ans une référence, une évidence. Une énigme, aussi, tant il s’est appliqué à fuir un succès qui avait presque fini par le rattraper au milieu des années 90, quand il enflammait l’Olympia… Mais nul ne le refera ! L’écorché a toujours préféré chanter dans un café que dans un théâtre douillet, et personne ne s’étonne plus désormais de le voir animer sans l’éclat d’une paillette des ateliers d’écriture au fond de sa banlieue rouge. Artiste définitivement hors norme, aux blessures douloureuses, dont la force et la fragilité sont inextricablement liées… On le suit sans vertige, au bord de ses gouffres profonds comme dans les mille et un détours de son écriture éblouissante – qui avait en son temps saisi d’admiration un certain Nougaro, pourtant avare de compliments sur les textes des autres. Il fallait bien d’ailleurs que l’artiste fût exceptionnel pour que ce disque-là, pas commercial pour deux sous, fédère sur son seul nom des interprètes si divers que Sanseverino, Michel Fugain, Olivia Ruiz, Higelin, Daniel Lavoie, Nilda Fernandez, Enzo Enzo, Loïc Lantoine ou Jamait…

Album patchwork, qui n’en résonne pas moins d’une étonnante unité. Ecouter les mots de Leprest soufflés par sa propre voix de braise ou chantés par tous ceuxci qui le saluent aujourd’hui, c’est se plonger dans un bain bouillonnant de vie à vif et de poésie. L’artiste a mal, mais n’a pas peur. Leprest sourit. « Pour moi, ça gazera mieux quand je serai devenu du gaz, quand je serai devenu du jazz, dans le sax du bon Dieu… » Il est, depuis longtemps, un gaz totalement enivrant.

 

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