Requiem pour les temps futurs

février 19, 2019 tacet.fr - Pas de commentaire

Projet artistique ambitieux réunissant l’IRCAM, un compositeur de classe mondiale, un spécialiste reconnu de la collapsologie et un génie du développement en informatique musical, «Requiem pour les Temps Futurs» est un projet novateur mêlant technologies du futur (voix de synthèse, IA…), musique classique, et sociologie.

Au commencement il y a une rencontre: celle de Pierre-Eric Sutter, musicien et  spécialiste de la collapsologie, discipline qui étudie l’effondrement possible de notre société industrielle, et de Julien Chirol, compositeur chevronné, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et lauréat du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Face à un futur qui s’assombrit nait l’idée de co-composer le « Requiem pour les Temps Futurs ». Depuis toujours l’humanité a conjuré la peur d’un futur angoissant par la musique. C’est ainsi que Mozart écrivit son Requiem au cours de la dernière année de sa vie, transformant la « peur de la mort en mort de la peur ».

L’exercice de composition de ce Requiem pour les Temps Futurs sera en phase avec les paradoxes et les tiraillements de notre époque: le retour aux racines sans renier toute modernité. L’oeuvre musicale réinvente alors la musique des Requiem :
– en faisant chanter des IA grâce au concours de Manuel Poletti, réalisateur en informatique musicale à l’IRCAM, pour la première fois des
voix lyriques de synthèse chantent en latin avec des humains ;
– en confrontant cette modernité à des instruments traditionnels occidentaux (orchestre symphonique classique) et orientaux (tradition hindoustani).

Ainsi tant pour la partie orchestrale que pour le choeur, les machines côtoient à parité les humains, les instruments ethniques se marient
aux sons de synthèse et aux instruments virtuels. Le passé se conjugue avec le présent et le présent avec le futur pour donner une représentation prospective de ce que pourrait être la musique des temps futurs, après le collapse : une hybridation « d’archéomusiques » assemblées par des IA évoluées ayant intégré toutes les cultures humaines. Le projet Requiem pour les Temps Futurs est animé par un collectif, « l’Armée des Douze Sages », dont les membres sont issus d’univers « crossover » : artistes, auteurs, scénaristes, mais aussi chercheurs, praticiens en sciences humaines et « numériciens ».

Il faut parler du collapse à notre époque avec son langage, sa modernité et sa complexité. C’est pourquoi, Requiem pour les Temps Futurs a l’ambition de faire prendre conscience du collapse par le biais de multiples expertises, comme celles des membres de ce collectif, avec une approche disruptive. Des chercheurs en sciences humaines spécialisés en collapsologie, membres du collectif, décortiquent la façon dont les français vivent le . Il ressort de leurs analyses que l’angoisse de finitude (mort) et l’angoisse eschatologique (fin du monde) sont bien activées par la narration collapsologique.

La recherche et le numérique sont ainsi au coeur de la production artistique du projet, parce que ce sont des vecteurs de création et de diffusion de la connaissance relative au collapse vers le plus large public.
 

 
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